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La déchirure d'une femme algérienne
Quand je parle de l'Algérie
Je ne peux m'empêcher... de penser …
A l'enfer. A la fatalité...
Et je me dis : « Je pense m'en être sortie... en quittant l'Algérie
Mais l'enfer du terrorisme, de la barbarie...
Est toujours là ! Il me poursuit ! »
Comment peut-on basculer ?
D'un paradis paisible et acquis
A un enfer qui déchire, qui détruit...
Qui brise en mille et une parties
Et qui, à chaque fois, ressurgit
Dès que je parle de mon pays
La cassure, la blessure... la déchirure…
Malgré la distance... malgré le temps
Qui me sépare de cette morsure...
La blessure...
Dominatrice... sadique... impuissante
A encore besoin de temps pour guérir
La déchirure est une plaie béante
Qui fait toujours et encore souffrir.
Et le fait de parler de mon pays...
C'est comme si je continuais... à remuer
La lame du sabre dans cette plaie
Qui m'avilit. Qui refuse de se cicatriser
Mais parler…
Est aussi une façon… d'accélérer la guérison
Espérer toujours... que je verrai le jour
Où cette blessure... cette déchirure...
Même si elle ne pouvait jamais guérir
Commencerait peut être à ne plus réagir
Quand j'évoque les souvenirs...
Du pays de mon passé.
"Des idées et des mots remède à nos maux", dec 2006
Abbassia NAÏMI |